dimanche 16 novembre 2014










 














J'ai ouvert un livre dont les lignes s'écrivent à l'encre vive du présent, ses pages reliées d'un fil tressé d'histoire et de voyages entre deux continents.

En couverture le cuir épais et bleu ondule à la croisée des mains et des cultures en chemin sur le Bosphore, et au milieu gravé en lettres d'or, Istanbul se dessine à l'aurore.

Des pages cornées sentent la foule et les épices, d'autres renferment les puanteurs de la ville et ses moteurs.


On se perd à pied dans les marbrures du papier où les couleurs prennent leurs quartiers : gris Levent, jaune Balat, rouge Fener, vert Eyüp et bleu Kadiköy.

Les fibres s'entremêlent de voix chantantes, de mélodies haletantes et de rumeurs planantes sur lesquelles aiment à danser les stambouliotes, virevoltants sur le grain du papier à musique qui se froisse sous la houle de ces corps frénétiques.

Alors je m'accroche à une virgule, pour me défaire de la ville et de ses captivants tentacules, pour m'échouer finalement sur un récif où seul le clapotis de la mer vient éclabousser mes tympans, emportant avec lui l'appel aux prières du couchant.

Et je m'endors en feuilletant la nuit, retrouvant avec elle les constellations de visages enjoués, voilés, inquiets et rieurs, rencontrés aux interlignes de la rue à chacune de ses heures.  


Des hommes tricotent du regard les femmes qui défilent.

Des marchands en aboyant attirent les passants et les chiens agacés se tirent mollement.

Des minarets aux longs cous découverts toussotent leurs prières dans le froid de l'hiver.

Sur le Bosphore les bateaux fendent les larmes de ceux qui sans armes sont restés au port.

Des silhouettes noires ravivent dans leur sillage les murs sans âges et leurs colorés paysages.

Des pêcheurs à la ligne de l'horizon s'offrent de belles perspectives à la dérive de leurs bouchons.

Des guirlandes de fleurs électrisent les places quand la ville enfile son écharpe grise.

Dans la marge, le temps suspendu en tout point n'est pas près d'écrire sur la dernière des pages le mot "FIN"












 Non loin, avec arrogance, la jeune police tripote impatiemment ses armes dont l'usage n'est ici pas réservé qu'à leur simple défense. Turcs, kurdes et réfugiés soutiennent avec fracas la lutte et le PKK, pour qu'un jour soient libérés la ville de Kobané et ses  alentours ravagés

Ambiance :






Dans la mosquée bleue, les femmes enrobent leurs cheveux de voiles aux motifs harmonieux, faisant fuir les regards et mon objectif de ces rosaces hypnotiques couvertes d'audacieuses mosaïques.


Vue sur la Basilique Sainte Sophie













Première sortie à vélo dans Istanbul pour se rendre au Musée Miniatürk





Petit atelier dessin pour remplacer le très traditionnel cours de français...
(les productions seront montrées prochainement)


Conférence et débats autour du projet avec les élèves.






Initiation au pédalage en groupe.


Interventions, conférence, ateliers vélo et dessin ont rythmé mon arrivée à Istanbul.
Merci à Aytac, Cengiz, et à l'ensemble des professeurs et des élèves de l'école religieuse pour filles d'Eyüp pour leur accueil !




 Brève excursion de mon crayon dans les vestiges de Plovdiv (Bulgarie)

4 commentaires :

Jasper Hadman a dit…

Formidable Remi! votre peintures et photos est excellent. Bon chance pour le reste de votre voyage. Pif Paf Poff!

Rémi Boudeperche a dit…

Hey Jasper ! Thanks a lot, hope to see you again, why not in UK ?

Nicolas Ballais a dit…

Plovdiv et Istanbul deux villes ou je suis allé! Superbe§ Hâte de te voir vieille canaille! Bonne route en 2015!
Nico

Rémi Boudeperche a dit…

Moi aussi...vieux bandit !